La Génèse:

 

Pourquoi avoir voulu être délégué syndical ?

C'est le résultat de toute une vie d'intention et de valeurs. Quand je suis arrivé dans mon entreprise actuelle je suis rentré dans une zone de non-droit. J'étais livreur. La société était mal structurée par un excès de responsables qui n'assumaient jamais rien et ou le copinage était la seule chance de promotion. Le CE obligatoire par la loi pour les sociétés de plus de 50 salariés était inexistant enfin surtout privé de son existence par l'autocratie de la direction. Les seuls cadeaux du CE étaient une bouteille de beaujolais nouveau le 3ème jeudi du mois de novembre et un panier garni à Noël. Le budget de fonctionnement n'était pas versé et un des deux directeurs adjoints se prenait pour Dieu, c'étant autoproclamé secrétaire et trésorier.
En dehors de ça pas de délégué du personnel obligatoire à partir de 11 personnes employées, et pas de CHS-CT. Pour les conditions de travail, il n'y avait pas de chauffage dans les parties ateliers mécaniques et magasin, pas de protection individuelle ou alors à la charge de l'employé. Les gens étaient traités comme du bétail par la direction et " si vous n'êtes pas content la porte est grande ouverte".
Combien de gens efficaces qui ne voulaient que faire leur travail ont préféré aller ailleurs et du coup ont aidé à la précipitation de notre perte.

Au début, j'ai juste demandé à l'inspecteur du travail de faire une visite, et puis en discutant avec lui, il m'a dit que la présence d'un délégué syndical augmenterait mes chances d'obtenir notre bon droit. Dans le secteur de l'automobile, le syndicat majoritaire est la CGT, mais comme j'avais déjà adhéré à leur système totalitaire, j'ai préféré la CFDT. Non, le fait que ma mère était une ancienne DS CFDT "petite enfance" et mon beau-père un ancien DS CFDT " alimentation/épicerie fine" n'ont rien à voir dans mon choix, enfin presque.

Il n'a pas fallu longtemps pour que j'obtienne mon mandat et ma section et après le sport commença. L'opposition de la direction débuta par le refus d'afficher mon mandatement, ensuite on me proposa de devenir auto-entrepreneur pour faire valoir mon droit syndical dans ma propre société. Ensuite il y eut le début des brimades autant de mon employeur que du syndicat. La personne qui était chargée de gérer les nouveaux entrants était une personne psychorigide, qui refusait tout autre façon de penser différent de la sienne. Et comme je suis non conformiste, les étincelles sont très vite arrivées.

Mais je vous en dirais plus demain dans un épisode que je pourrais nommer : Brimades et harcèlements.