Episode 24

Enfin mes congés, enfin plus de stress....

Cela ne dépassa pas les 3 semaines et je retournais jouer avec mes collègues. Le subalterne direct du chef de magasin devint donc le bras armé de « dieu » mais il ne voulait pas du rôle, donc certains jours sous la pression de la direction, j’étais un pourri et un connard et si je n’étais pas content je pouvais partir et à d’autres moments j’étais un gars bien qui connaissait son boulot et qui le faisait bien. En général je voyais dans son attitude qu’il avait pour mission de m’agresser alors je lui donnais l’occasion de se relâcher de cette colère qui n’était pas la sienne. Mes collègues supportaient mal les heures de délégation mais j’étais soit dans le bureau de l’inspecteur du travail, soit au réfectoire à lire à voix haute la convention collective. Mon esprit est ainsi fait que j’apprends les articles de loi en les lisant alors en même temps je faisais savoir à mes collègues que j’allais faire tout mon possible pour chacun d’eux.

La date de l’inventaire arrivait et je découvris à cette occasion que « dieu » ne savait pas ce qu’il avait écrit dans mon contrat. En copiant une page de l’annexe de la convention collective, il croyait que mon emploi était « livreur pour le magasin », alors que la description de poste qu’il m’avait fait signer stipulait que j’étais « magasinier livreur ». La livraison était une extension du statut de magasinier.

Pourquoi tant d’importance ? Le grand « manitou » avait décidé que je ne viendrais pas travailler le jour de l’inventaire et qu’une journée de congé me serait retiré. Comment ?
Discrimination syndicale, entrave, 3750 euros d’amende et un an d’emprisonnement, c’est la nouvelle partie que l’on me propose.

BANCO ! Alors je vais voir « dieu » dans son bureau, lui dit que c’est illégal, que je dois signer la demande de congés. Il me dit que la journée sera offerte par l’entreprise, je lui réponds que je suis magasinier sur mon contrat et que le travail de tout bon magasinier est de faire l’inventaire.
En fait, je kiffe grave à fond les inventaires. C’est une sorte de visite statistique du travail, une autre conception de la logistique c'est-à-dire le rendement. Mais lui voit que si je viens il ne pourra m’empêcher de taper dans les viennoiseries que les autres auront à disponibilités, ne pourra pas m’offrir le repas gratuit que l’entreprise offre à Macdo, il ne pourra pas m’empêcher de connaitre les chiffres. Il est « directeur administratif et financier », l’inventaire c’est son affaire, ce sont des magouilles de pièces, des erreurs maquillées, des trafics sur les cadeaux des marques pour les quotas de vente en huiles ou en pneumatiques. Il ne faut pas que le commissaire aux comptes voit le merdier, les chiffres sont bricolés par un magasinier. Six semaines avant l’inventaire, il fait son inventaire et corrige les erreurs. Ce qui est extraordinaire c’est dans cette période de préinventaire, tous les vols cessent.
Je finis par être « autorisé à venir » mais on me cantonne au nettoyage de mon véhicule. Chouette une journée pour faire du recrutement syndical.
Trois fois « dieu » m’a cherché trois fois il a voulu montrer qu’il était le chef, trois fois je lui ai chanté ma chanson préférée, celle qui le faisait tourner bourrique instantanément

Un jour mon prince viendra
Un jour on s’aimera
Comme des bêtes dans le salon, la cuisine, la piscine et la véranda
Il me prendra
Aussi fort que j’aime ça…

 

Je crois que ce monsieur est homophobe.