Il me fallait commencer à faire un tract me pris, l’envie de me défendre, l’envie de montrer à tous que voter pour moi comme délégué du personnel, c’est d’avoir la certitude d’être défendu. Comme la fin d’année approchait, la radio bavardage de l’entreprise racontait que les pertes étaient estimées à un demi-million d’euros donc l’occasion était top belle de fustiger « dieu » et sa direction de dilapider de l’argent qui serait mieux investit dans la réparation du chauffage, la fourniture de locaux sanitaires décents et d’équipements de travail et de sécurité fiable. Je me sentais encore dans l'obligation de solliciter la validation par mon syndicaliste référent psychorigide, qui m’a clairement envoyé balader puisque je refusais ces contre-propositions. Me voici livré à moi-même pour faire mes élections. Je ne pouvais plus que me débrouiller avec le secrétaire du syndicat qui n’était forcement disponible.

 Avant que je trouve l’idée de mon deuxième tract de ma campagne, la direction fait installer des chauffages électriques pour satisfaire l’électorat. Le clientélisme n’est pas forcément la meilleure solution lorsque pendant des années, vous n’avez pas respecté les personnels.

Donc je me saisis de l’occasion pour faire un tract où je dis en substance qu’il faut voter pour moi puisque là direction accède déjà à certaines de mes revendications avant le début du scrutin. Voilà que ça met « dieu » en colère. Comment j’ose lui volé son argument. Il m‘écrit un tract bourré de fautes, ou il y a veulerie et mégalo qui se mélange. Après cela plus j’essayais de communiquer avec pédagogie, plus « dieu » racontait des infamies sur mon compte a qui bon voulait l’entendre.

Heureusement pour augmenter mon stress, je dois attendre l’arrivée des isoloirs livrés par la mairie, le contrôle du traitement du vote par correspondance, l’ouverture d’une boite postale pour le traitement. J’ai des doutes sur l’honnêteté de la direction. Le jour du scrutin pour le premier tour du premier collège de 09h00 a 11h00. Deux listes syndicales, d’un coté, 2 titulaires et 2 suppléants et pour ma liste 1 titulaire, 1 suppléant. Impossible d’avoir la majorité au CE, donc juste l’opposition, mais je me voyais en Jaurès alors que mon patron me voyait en Marchais.

Le président du bureau de vote fait faux bon. L’adjoint du chef de magasin qui en est devenu le chef suite à la « démission » du chef. Il ne veut pas être impliqué dans l’histoire. Je vais de service en service, j’invite mes collègues à exercer ce nouveau droit que leur direction leur refusait, mais par le simple fait de ma délégation syndicale devenue illégale. Ils viennent en petit tas, on rigole, je leur précise la différence entre urinoir et isoloir. Et a chaque fois le petit sourire ou la poignée de main de la part d’honnête homme. C’est à ce moment-là ou votre sort ne compte plus, c’est à cet instant que vous devenez le défenseur des autres. J’ai ressenti un immense apaisement, ma vie avait un noble sens, je servais les autres et c’est par leur respect que je vais pouvoir devenir un homme meilleur.